Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Baramalice

Séparation, adaptation

20 Août 2009 , Rédigé par baramalice Publié dans #la page d'Amélie Gahete



 jeudi 4 juin 2009

 

La première question qui me vient est de demander à chaque personne présente de bien vouloir relater, aussi loin que remonte ses souvenirs, un sentiment d'abandon ou de séparation grave.

*** Une jeune femme, seconde de sa fratrie, relate qu'étant la seconde et pour des raisons qu'elle ignore encore, lorsque ses parents ont divorcé et ont décidé lequel des deux garderait les enfants, elle fut la seule pour laquelle la question ne s'était pas posée. Elle était alors âgée de 11 ans.
.
Autant ses parents avaient discuté pour l'aînée et le troisième enfant, autant, la concernant, la réponse allait d'évidence :
- Toi, tu iras avec ta mère.
.
Cette absence de "conflit" la concernant a provoqué en elle une révolte, à l'époque non formulée, pas du tout comprise, l'incitant à subvertir aux règles élémentaires de la bonne éducation : échec scolaire, sottises en tous genres.
.
J'existe. Regardez-moi, voyez-moi : J'existe.
.
.
*** Une autre jeune femme conte le divorce de ses parents : elle avait 6 ans. Une mère ayant quitté son époux pour un autre homme, donc peu disponible en raison de ce nouvel investissement de femme, un père davantage préoccupé par la séparation et elle, leur enfant, égarée dans ce maëlstrom.
.
Je ne savais pas  qui m'aimait et si l'on m'aimait.
.
.
*** Deux autres évoqueront leur souvenir, relativement dans les mêmes conditions : parents déchirés, l'un peu présent pour "x" raisons, le second idem pour d'autres motifs, l'enfant ne sachant plus où est son toit et dans quelle maison il peut se sentir chez lui parce que rien ne lui a été dit précisément.
.
Une autre configuration familiale, douloureuse, le souvenir étant de s'enfermer dans une "bulle" de musique, à l'âge de l'adolescence.
.
.
*** Une maman, âgé de 40 ans, a eu son premier enfant, âgé aujourd'hui de 15 mois.
Elle avait son idéal en elle : élever cet enfant jusqu'à ses 3 ans. Puis elle s'est aperçue, honnêtement, que cela ne la comblerait pas, qu'elle n'était pas faite pour cela.
.
Aujourd'hui, son petit est donc chez une assistante maternelle, laquelle a une petite-fille du même âge que son fils.
.
Nous parlons de la différence entre l'enfant "idéal" et celui de la réalité. De nos "principes, nos rêves" et de nos besoins, nos aspirations.
.
L'adaptation chez la nourrice s'est passée merveilleusement. Cette assistante maternelle, jeune maman, démarre dans la profession mais est empathique, gaie, tendre. Les deux "mamans" ont trouvé mutuellement une sympathie réciproque. L'assistante maternelle pose des questions à la puéricultrice qui la suit, la maman présente l'a informée qu'elle venait aujourd'hui pour essayer de dénouer le souci.
.
Stanislas, son fils, reste collé derrière la porte de l'appartement dès que sa maman lui a dit au revoir.
Il mange à midi, mais en pleurant.
Il joue, mais seul.
Il se laisse à faire sa sieste, mais dans les bras de l'assistante maternelle et son sommeil, sans être hâché, est relativement court.
.
La maman de Stanislas est anxieuse, se demande si elle mal évalué son projet de vivre son travail à temps partiel en confiant son enfant trop tôt, si elle a mal évalué la difficulté de son fils à s'adapter à un environnement extérieur.
.
.

Aie confiance !!!!
.
.


*** Les enfants de 15 mois n'ont pas la notion de temps : Maman est partie par cette porte, elle reviendra par le même endroit.
Stanislas reste donc derrière la porte
 et ne supporte pas que l'assistante maternelle le prenne dans les bras pour l'en écarter.
.
Mais pourquoi l'en écarter ?
C'est son imaginaire, son obsession, qu'il faudrait parvenir à faire dériver.
Mettre un tapis, une couverture, des jouets, juste près de la porte. Lui dire que "ce soir, après le repas, après la sieste" sa maman reviendra. Et puis l'inviter, "QUAND" il se sentira prêt, à venir jouer avec sa petite compagne du même âge.
Surtout ne pas "forcer" l'enfant, ne pas ressentir de culpabilité.

En somme, lui expliquer où et pourquoi sa maman est partie, puis le laisser en toute liberté, capable de "se" porter lui-même.
.
Et... surtout, que les adultes soient tranquilles, paisibles, calmes.
.
.
.
Ne me quitte pas !!!! (moi je t'offrirai....des larmes de pluie venues de pays où il ne pleut pas)
.
***
Stanislas ne supporte pas que l'assistante maternelle le touche (sauf si LUI vient vers elle), notamment pour le changer.
.
Elle peut aménager le coin du change au milieu des jouets (univers connu), puis changer en premier sa fille, par exemple, qui est très à l'aise, en instaurant un rite : une chanson inventée, avec les prénoms de chaque enfant... puis inviter Stanislas à accepter d'être déshabillé (n'oublions pas : enlever les vêtements c'est quitter 'le corps'.. ne plus "sentir"...)...
L'acceptation viendra. Usons d'imagination.
.
.
La séparation est un apprentissage vers tous les abandons que nous aurons à vivre une fois adultes : Quitter un premier petit copain, rompre avec une amitié, se séparer d'un employeur ou d'un employé, lâcher un vieux meuble aimé mais usé, être capable de lire jusqu'au bout un livre passionnant alors qu'on ne voudrait justement, jamais en connaître la fin, donc ne pas s'en séparer....
.
Et si les petites séparations préparent les grandes, elles n'en sont pas moins importantes, mais tout est.. toujours... réparable, et réparateur. Encore faut-il en parler, surtout à nos enfants, les petits, qui eux n'ont pas les mots pour le dire.
.

La séparation c'est un peu comme les photos présentées au-dessus et ci-dessous : Après l'appréhension, la fierté, un certain bonheur.
.
Bonne rentrée à tous !
.
.


.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article